JE NE LE REGRETTE PAS
Par gonflés à blog le mardi 8 mai 2007, 13:21 - Lien permanent
Bon, on va perdre Chirac. Il avait su donner de sa personnalité une image assez contrastée, où le meilleur côtoyait le pire. Je veux dire par là que, bien que n'aimant pas personnellement la tête de veau, je crois qu'un adepte sincère de ce plat n'est pas foncièrement mauvais. Je veux dire aussi que ses propos sur la responsabilité de Pétain et de ses acolytes dans la déportation des Juifs, on les attendait depuis longtemps et personne, avant lui, ne les avait tenus. On avait apprécié aussi son courage et sa lucidité en 2003, lorsqu'il refusa de joindre la France à la "coalition" de Bush contre l'Irak. Il ne criait pas non plus haro sur le baudet avec les Américains et une partie de la droite française contre les Palestiniens. Et pas seulement de la droite. Il n'insultait pas ses adversaires, il entretenait des rapports courtois avec chacun. Il savait caresser le cul des vaches avec un talent et une gentillesse que personne ne contestait.
Mais il a couvert de 1995 à 1997 et de 2002 à nos jours toutes les mesures antisociales de ses premiers ministres, Juppé, Raffarin, Villepin .Les attaques contre la Sécurité Sociale de 1995 et 2004, les coups portés aux retraites, le CPE, pour ne citer que ça, Chirac les honorait de sa bénédiction. En 1999, sous le proconsulat de Jospin, la guerre et les bombardements contre la Serbie étaient signés Chirac. En 2005, ses interventions forcenées en faveur du Traité constitutionnel européen, heureusement couronnées d'échec, ne le grandirent pas. Après ses désaveux successifs (élections régionales de 2004, référendum de 2005), il n'entendit pas le pays et au lieu de la changer, il renforça une équipe qui perdait.
Qui perdait ? On le croyait. On se faisait des illusions. Les hommes du président n'ont pas perdu. Ils ont gagné. Sous la pire des formes. Chirac nous a légué Sarkozy. Mais rien n'est définitif. Nous allons nous battre. Nous allons veiller à ce qu'aucun de nos acquis ne soit remis en cause.
Adieu Chirac et sans regets.
JACQUES FRANCK
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