LA DAME ET LE PETIT GARCON
Par gonflés à blog le jeudi 3 mai 2007, 12:38 - Lien permanent
A la fin de la soirée, le petit garçon avait mauvaise mine. On le connaissait turbulent, autoritaire, capricieux. Il n'aimait pas avoir tort et ne le reconnaissait jamais. Depuis fort longtemps il avait pris l'habitude d'imposer ses volontés à ses amis et à ceux qui se prétendaient tels. J'entends par là ses courtisans, ses obligés, ses flatteurs, ceux qui espéraient quelque chose de lui : un jouet, une assiette de soupe, voire un portefeuille ministériel. Bref, il inspirait plus de crainte ou d'obséquiosité que d'amitié vraie. Quant à ses adversaires, car il en avait, le petit garçon n'avait pas de mots assez durs pour les traiter. Il savait aussi battre méchamment ceux qu'il n'aimait pas et expulser du pays ceux qui avaient une tête qui ne lui revenait pas. Mais ce soir là, ça ne s'était pas passé comme d'habitude. Il avait rencontré de l'opposition chez la dame qui parlait avec lui. Elle se permettait de le contredire et de le morigéner, ce qu'il n'avait jamais supporté. Elle ne laissait passer aucune de ses fanfaronnades ou de ses mensonges. Elle lui assénait des vérités qui lui déplaisaient. De temps en temps, il redressait la tête et tentait de résister à la dame. Ou bien il disait n'importe quoi. Pendant deux heures et demie, quelques personnes (environ une vingtaine de millions) virent le petit garçon afficher un visage penaud ou même déconfit qu'on e lui connaissait pas.
Une évidence s'imposa : ce gamin n'avait pas l'étoffe d'un chef de bande. Il n'est pas question de voter pour lui.
JACQUES FRANCK
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