Le blog de gonflesablog

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lundi 23 avril 2007

CE N'EST PAS FINI

Dimanche, 9h45. Bon, nous avons ou nous allons incessamment voté. Noue ne nous faisons pas trop d'illusions. Dans deux semaines, nous aurons un chef d'état dont nous pouvons déjà affirmer qu'il, ou elle, sera partisan (e) des institutions européennes que nous avons rejetées. On peut aussi prédire que cette personne ne sera pas non plus un ou une anti-libéral (e) farouche. On ne va pas pleurer, se lacérer le poitrail en vidant des sacs de cendres sur nos têtes, prendre notre retraite de la politique. Bien sûr, pendant les quinze jours à venir, nous serons suffisamment responsables pour prendre notre part à la nouvelle campagne. Pas par opportunisme, mais en ne perdant pas de vue notre objectif initial : exercer le maximum de pression sur la candidate la moins à droite pour la tirer vers la gauche. Ça, c'est possible. Et puis, ne pas oublier les législatives. Ce n'est pas secondaire. Le tandem Chirac-Jospin a voulu en minorer le rôle en les faisant précéder par la présidentielle. A nous de montrer l'importance et la primauté du pouvoir législatif. En d'autres termes, on va retrousser nos manches, cracher dans nos mains, mouiller nos chemises et convaincre nos concitoyens que plus ils auront de députés communistes (et anti-libéraux de gauche, des vrais), plus ils se porteront bien. Et puis ce ne sera pas encore fini. Un va s'impliquer dans des actions politiques de grande envergure, participer à un fort mouvement populaire avec nos alliés. Notre vie ne va donc pas s'arrêter à des combinaisons politiciennes et médiatiques. Il est l'heure, Jeannine et moi allons nous précipiter vers l'isoloir qui nous est dévolu, Marie-George aura deux bulletins de plus dans le dix-septième arrondissement de Paris. Ciao, camarades.
JACQUES FRANCK

vendredi 20 avril 2007

LE CAUCHEMAR

Le lundi 7 mai 2007, le nouveau souverain désigné par la majorité du peuple réunit ses affidés rue d'Enghien, au Quartier Général de sa campagne. Presque personne ne manquait à l'appel. Autour de Nicolas, on reconnaissait Messieurs Brice (Heurtefeux), Christian (Estrosi), François (Fillon), Jean-François (Copé), Patrick (Devedjian), Xavier (Bertrand), Thierry (Breton), Patrick (Balkany), Philippe (Douste-Blazy), Jean-Claude (Gaudin), Alain (Juppé), Mesdames Cecilia (Elle même), Valérie (Pécresse), j'en oublie, qu'ils me pardonnent. Les ralliés et troisièmes couteaux siégeaient un peu en arrière des précédents, notamment Messieurs Jean-Louis (Borloo), Gilles (de Robien), André (Santini, dit Absalon en raison de son épaisse toison capillaire). On avait préparé une niche spéciale pour une grande figure un peu décatie, Monsieur Valéry Giscard d'Estaing en personne. Le secteur culturel était brillamment représenté par Monsieur Johnny Hallyday, revenu de Suisse en passant par Monaco pour l'occasion,, et par le grand Doc Gynéco. S'étaient excusés, pour des raisons diverses, Monsieur François Baroin, Monsieur Dominique de Villepin, Mesdames Françoise de Panafieu, Michelle Allioot-Marie et Simone Veil.. Madame Laurence Parisot avait faxé des gros bisous. Madame Bernadette avait envoyé un mail de félicitations. Elle devait accompagner son mari, Monsieur Jacques, qui décollait justement pour le Japon où l'appelait une importante réunion archéolgique suivie d'une dégustation de saké. Avant de passer à l'ordre du jour, les assistants remirent à Nicolas l'emblème de son nouveau pouvoir : une épée, façon académicien, destinée à défendre la patrie et à pourfendre la racaille. Sur le pommeau étaient gravés un karcher entrelacé avec un chromosome où apparaissait, stylisé, le gène de la pédophilie terrassé par la vertu sarkozienne. On applaudit longuement. Puis on prit les décisions. En urgence on appliqua le programme du souverain et on cassa solennellement un code du travail, symbole des maux du pays et du patronat. On interdit ce qui devait l'être et on n'autorisa rien, sauf ce qui ne portait pas atteinte à la réputation et à la vertu du nouveau promu. Pour le reste, on verrait après. Enfin on discuta de la forme que devait revêtir l'intronisation du Chef Nicolas (le mot Roi semblait incompatible avec l'esprit républicain qui animait l'aréopage). On envisagea un sacre à Reims. Suggestion repoussée, on n'était pas sûr des réactions de la population, et ça n'avait pas réussi aux précédents bénéficiaires. On pensa à un Te Deum à Notre Dame. Mgr André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, consulté, toussa ostensiblement. Quelqu'un parla de l'église de Neuilly sur Seine. Là, au moins, on ne risquait pas de contestation. On objecta que ça ferait un peu ringard. On écarta pareillement le siège du MEDEF L'Elysée ne fut pas retenu : on ne va pas se faire consacrer sur le lieu de son travail. Finalement, l'assistance se mit d'accord. La cérémonie se déroulerait au siège de l'UMP, rue de la Boétie. Le quartier n'est pas turbulent et il est facile d'y rassembler un grand nombre de cars de CRS. Voire des Chars, et, pas bien loin, des hélicoptères. Quant à la partie religieuse, indispensable, il suffirait, en dépensant un peu d'argent, d'obtenir le concours de l'Eglise de Scientologie. Je me réveillai brusquement envahi par la panique. Je tirai ma femme du sommeil. Nom de Dieu ! Que nous arrive-t-il ? Puis je me rendis compte que nous étions le dimanche 22 avril. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Nous nous sommes précipités à notre bureau de vote en brandissant un bulletin au nom de la candidate de la gauche populaire anti-libérale. Le cauchemar était conjuré.

JACQUES FRANCK

mercredi 18 avril 2007

LETTRE A MARTINE

N'aie pas peur, Martine ! Ne laisse pas manipuler ton bulletin de vote par la crainte des grands méchants loups (le petit et l'ignoble). Tu es une femme de progrès, nous avons combattu pour le NON au printemps 2005, tout dans ta vie doit te tourner vers une société où l'argent ne sera plus roi, où chacun aura un travail, un logement, l'accès à la culture. Une société où tu pourras soigner tes patients sans te demander combien ça leur coûtera. Une société plus fraternelle. Je ne te demande pas d'adhérer à notre parti, je ne te l'ai jamais demandé et je ne te le demanderai sans doute jamais. Nous te demandons seulement d'éviter l'opportunisme ambiant, de repousser la notion de "vote utile". C'est une manœuvre tactique et politicienne au mauvais sens du terme. Au premier tour, on choisit son candidat. Au second, on élimine celui dont on ne veut pas. Nous, on ne veut pas de Sarkozy, on ne veut pas de le Pen, on ne veut pas de Bayrou. On veut la gauche. En soutenant la candidature de Marie-George Buffet, on donne à la candidate de gauche présente au second tour une force accrue, une base pluraliste qui la renforcera et l'aidera à vaincre. Allez, Martine, on t'aime bien et on te fait la bise.
JEANNINE ET JACQUES FRANCK

UN VERITABLE ANTI LIBERAL

Prenant France-Inter en marche ce matin, j'ai trouvé un homme de gauche, un vrai, pur et dur, sans concession. Après une longue apologie de Léon Blum qui a dit "non" au communisme à Tours en 1920, ce progressiste a dénoncé l'emprise du capital sur les médias : Dassault au "Figaro", Lagardère au "Monde", Rotschild à "Libération". Je crois bien qu'il a oublié Bouygues à TF1, mais l'intention y était. "Putain !" me dis-je, "Putain ! Mais qui est donc ce presque parfait ? Il devrait se présenter à la présidentielle !" J'ai failli glisser dans ma baignoire : c'était Nicolas Sarkozy ...
JACQUES FRANCK

POURQUOI EXISTE-T-IL ?

Un journaliste de France-Inter s'étonnait ce matin, en recevant Marie-George Buffet, de l'existence en France d'un Parti Communiste. Visiblement, il aurait préféré sa disparition à la période où d'autres partis en Europe et dans le monde ont connu des sorts peu souhaitables. Une explosion à l'italienne lui aurait semblé plus décente que l'obstination à vivre de ce vieux PCF. Malgré les réponses pertinentes de Marie-George, je me suis interrogé. En effet, pourquoi, depuis exactement soixante-deux ans et demi, je m'acharne à militer dans cet objet virtuellement défunt ? Outre ma sénilité propre, j'ai trouvé quelques justifications. Où et avec qui aurais-je combattu les exactions incessantes du capitalisme sous ses formes les plus diverses et les plus agressives ? Où et avec qui aurais-je lutté contre les menaces de guerre nucléaire quand les USA se croyaient seuls au commandement de la planète ? Où et avec qui aurais-je dénoncé les dangers de renaissance du fascisme ? Où et avec qui aurais-je agi contre les guerres coloniales menées par mon pays en Indochine et en Algérie ? Où et avec qui aurais-je milité pour l'établissement du droit à la Santé et contre les mesures des gouvernements successifs de droite visant à restreindre ce droit ? Où et avec qui,, manifesterais-je pour les sans-papiers, contre les guerres au Proche et au Moyen Orient,, pour les droits des femmes ? Où et avec qui, avant d'être rejoints par 55 % des Français, avons nous combattu les premiers la tentative d'asservissement des peuples d'Europe du Traité Constitutionnel de 2005 ? Où et avec qui je voudrais participer à la construction d'un monde nouveau, débarrassé des contraintes de l'argent ? Ayant bien réfléchi, je crois que la question de France-Inter trouve sa réponse.
JACQUES FRANCK

LE PETIT NICOLAS ET LE GRAND CHARLES

Sarkozy est allé chercher une bénédiction d'outre tombe à Colombey les Deux Eglises. Il doit penser que la grandeur politique, dont le général de Gaulle n'était certes pas démuni, se transmet autrement que par voie génétique, contrairement aux tares caractérielles. Je n'ai pas été un partisan idolâtre du défunt, mais la comparaison entre les deux hommes a quelque chose de choquant, voire d'obscène. De Gaulle ne parlait pas d'identité nationale, mais de grandeur de la France et, pendant la guerre ce n'était pas pour lui des paroles en l'air, encore moins des arguments électoraux. De Gaulle n'aimait peut-être pas beaucoup le peuple, mais il le respectait et je le vois mal surgir de son sépulcre en brandissant un karcher pour discipliner la racaille. De Gaulle, à ma connaissance, n'a jamais arraché des enfants de leurs écoles au motif que leurs parents, sans papiers, allaient être expulsés manu militari. De Gaulle s'écriait : "Ah ! J'envie notre belle jeunesse !' Il n'envoyait pas ses spadassins dans les quartiers pauvres. Le petit Nicolas veut chausser des bottes trop grandes pour lui. Il va se faire mal aux pieds. Et nous, nous voterons pour la gauche, pour Marie-George Buffet, qui ne s'abaisse pas à de telles pantalonnades.
JACQUES FRANCK

LA POLITIQUE DEGRADEE

La campagne présidentielle offre un spectacle peu enthousiasmant. Certains candidats non des moindres d'après a classification officielle, s'efforcent de déconsidérer la démocratie. Les propos imbéciles et l'arrogance de Sarkozy, la haine xénophobe de le Pen, les palinodies doucereuses de Bayrou nous éloignent d'une conception de la polirtque qui devrait prévaloir dans la France du XXI° siècle. Le retour de méthodes s'inspirant des petites manoeuvres politicardes d'antan n'arrangent pas les choses. Je parle des "combi,azione" en cours, à l'instigation de Rocard, Kouchner, Cohn-Be,ndit, et autres bons esprits (il n'en manque pas dans le microcosme.) Ils craignent que la candidate désignée par le Parti Socialiste ne se prenne pour une femme de gauche et agisse en conséquence. Les comploteurs appellent alors à un rapprochement entre l'UDF, que personne n'a jamais considéré comme autre chose qu'une formation de la droite pure, et Madame Royal. On ne peut pas laisser faire ça. Pour que la gauche gagne, elle doit repousser ce type de magouilles. Il est indispensable que le plus grand nombre de voix se portent sur le programme de Marie-George Buffet au premier tour. A cette condition et à cette condition seulement, Madame Royal sera tenue de représenter la gauche au second tour et pourra battre la droite.
JACQUES FRANCK

lundi 16 avril 2007

UN CANDIDAT INTREPIDE

Nicolas Sarkozy a fait par anticipation don de sa personne à la France. Il doit donc protéger en toutes circonstances cet inestimable cadeau. Malgré un courage qui n'a d'égal que ses compétences scientifiques, il évite de tomber entre les mains de la racaille. Après de longues hésitations, il a quand même osé se risquer dans une banlieue, à Meaux (fief de son ami Copé). On l'attendait à la salle des fêtes. Craignant de rencontrer des voyous de gauche, il s'est montré au peuple dans un endroit tenu secret jusqu'au dernier moment, une salle de boxe. Il n'a pas craint de parler devant au moins une centaine de personnes. Si j'en crois une dépêche d'agence (Reuters), ces justes précautions n'ont pas empêché quelques trublions de lui poser des questions qui n'étaient pas prévues.. Ce candidat aime les bains de foule discrets, de préférence sous une sauvegarde policière vigilante.
JACQUES FRANCK

LA SCIENCE REVISITEE

La présence des néo-conservateurs à la tête des Etats-Unis, avec leur cortège de fanatisme religieux, d'obscurantisme, de chasse aux sorcières, de refus aveugle de toute conception matérialiste, se répercute progressivement dans le domaine scientifique. Avec la même vigueur brutale que celle déployée par les adversaires de l'IVG, les apôtres de la nouvelle science tirent à boulets rouges contre le darwinisme et la théorie de l'évolution des espèces,. Ils vont jusqu'à interdire son enseignement dans certains établissements scolaires. Ils veulent substituer à la théorie darwinienne le "créationnisme". Toute vie proviendrait de Dieu, qui a créé le monde il y a quelques milliers d'années. L'homme ne descendrait plus du singe, mais du modèle parfait voulu parle Seigneur le jour où il en a décidé ainsi. On resterait confondu devant une pareille stupidité si elle n'était pas rétrograde et dangereuse. Et contagieuse. A même politique mêmes déviations. Et il y a une parenté inquiétante entre le créationnisme bushien et la nouvelle génétique de Sarkozy. Il est temps de réagir contre le risque de naufrage de la science. Y compris par notre bulletin de vote dimanche prochain. Moi, je voterai à gauche toute, pour Marie-George Buffet.
LE VIEUX TOUBIB

vendredi 13 avril 2007

LE "CARREFOUR " DU LIBERALISME

En vertu de la loi de la jungle qui régit les rapports dans le monde de la grande distribution ( et pas que là), les supermarchés "Champion" ont été avalés par le groupe "Carrefour". Bénédiction pour le personnel de "Champion" : tous les avantages sociaux dont ils bénéficiaient ont été confisqués. .Ça représente une amputation de revenus de plusieurs centaines d'Euros par an. Mis en appétit, "Carrefour" se prépare; à l'instar de plusieurs autres groupes, à remplacer les caissières de supermarchés par des machines. Le client ferait une partie du travail, l'électronique se chargerait du reste. Bilan alléchant, si ce système est mis en place : au moins 200.000 emplois de caissières, actrices indispensables de la vie commerciale des consommateurs, seraient purement et simplement supprimés. Qui inventera la machine à supprimer les patrons de la grande distribution ? Plus quelques autres… Je crois détenir la réponse.
JACQUES FRANCK

jeudi 12 avril 2007

LA NOSTALGIE DE BERNADETTE

La bientôt ex-première dame de France a fait visiter à un journaliste de "Paris-Match" la résidence où, pendant douze ans, se déroula la vie d'un simple couple de Français pas tout à fait moyens. Elle essuya furtivement une larme à la vue des beaux meubles qu'il allait falloir rendre, de la .vaisselle de Sèvres où son mari aimait tant manger sa tête de veau en buvant sa bière (mexicaine) dans des chopes en cristal de Bohême. Avec un soupir, Madame Bernadette évoqua les réceptions, les garden-parties, les grands dîners, les voyages exotiques, bref, les joies simples d'un ménage modeste. Elle ne parla pas du chômage qui marqua ces belles années, ça ne la concernait pas plus que l'augmentation du prix de la vie (Dieu merci, ils avaient encore de quoi), de la baisse des prestations sociales, de l'absence de logements (eux, ils avaient quand même un ou deux points de chute ), de la retraite (ils en avaient passé l'âge ). Elle ne parla pas des seconds couteaux de son mari, les Juppé, les Raffarin, les Villepin., les… Si, justement, celui-là, le Sarkozy, elle en parla. Avec une émotion qui lui étreignit le gosier.. Elle l'aimait comme un fils spirituel. Elle appelait à voter pour lui. En pensant à Nicolas, sa nostalgie s'envolait. La bonne politique continuerait. Eh bien, non ! Nous n'hésiterons pas à faire de la peine à Madame Bernadette. Nous ne voulons pas de son fils spirituel, nous ferons tout pour rejeter Sarkozy. Et pour commencer, nous renforcerons la gauche en votant le 22 avril pour Marie-George Buffet.
JACQUES FRANCK

LES SANS LOGIS ET LE CREDIT MUTUEL

La rue Cardinet est un endroit plutôt calme, où le mécontentement populaire se manifeste rarement. Le Crédit Mutuel, compagnie bancaire cossue (elles le sont toutes) qui s'honore de figurer au CAC 40, y tient son temple. Ce matin 11 avril, scandale ! Le trottoir et le hall de cet établissement sont envahis par une foule pacifique mais résolue de femmes avec enfants et d'hommes arborant badges et drapeaux du DAL. En clair, Droit au Logement. Nous nous informons. Ce que nous apprenons ne nous étonne pas. Une vingtaine de familles occupent, faute de logement, un immeuble rue de la Banque (un programme), près de la Bourse (un autre programme ). Or le Crédit Mutuel et une autre institution philanthropique du même acabit doivent les expulser. Avec l'aide de qui ? Devinez…Nous avons exprimé aux sans-logis notre solidarité. Nous leur avons dit que les super-bénéfices de ce genre de sociétés devraient être affectés à l'emploi, au logement, à la santé et aux retraites, nos interlocuteurs étaient d'accord.. Nous leur avions signalé que nous militions en ce sens en soutenant la candidature de Marie-George Buffet.
JEANNINE ET JACQUES FRANCK

mercredi 11 avril 2007

LES PARACHUTES DU LIBERALISME

Il y a quelques années, j'ai sauté en parachute depuis un avion qui volait à 3500 mètres au dessus de la verte campagne de Seine et Marne. Ce fut un souvenir épatant. Je n'ai pas touché des milliers d'Euros à l'atterrissage, j'ai payé au contraire un peu d'argent que je n'ai pas regretté. Le parachute n'était pas doré. Ce n'était pas encore un des instruments les plus convoités de l'ultra-libéralisme. Les choses ont changé. Peu après, Monsieur Jean-Marie Messier, un grand honnête homme celui-là, venait de pousser à la ruine quelques milliers de petits actionnaires qui, croyant en la vertu de capitalisme, avaient investi leurs économies dans Vivendi. Ils ne les revirent pas. Monsieur Messier, qui dut quitter par décence la direction de ce groupe, bénéficia, à titre de consolation, d'une .indemnité joufflue, un parachute doré, pas comparable au mien, d'environ vingt millions d'Euros. Je ne suis pas sûr que le parachute s'ouvrit complètement, mais l'intention y était. On n'arrête pas le progrès. Récemment, Monsieur Noël Forgeard, patron successivement d'Airbus et de la maison-mère EADS, fut convaincu, à tout le moins, d'incapacité dans sa gestion. Résultats : dix mille travailleurs français et allemands mis sur le pavé, et le meilleur programme d'aviation civile européen compromis. Le grand patronat, avec la bénédiction du gouvernement, sortit d'un hangar un confortable parachute doré pour Monsieur Forgeard. Au moins six millions d'Euros. Pour le récompenser de ses méfaits. Tout ça pour dire qu'il est temps de mettre fin à ces pratiques honteuses, véritables insultes à notre peuple. A cette fin, nous disposons de notre bulletin de vote au nom de la candidate de la gauche populaire antilibérale, Marie-George Buffet, dont on sait qu'elle n'autorisera jamais d'aussi honteuses manipulations. Nous reviendrons alors à nos sympathiques parachutes sportifs.
JACQUES FRANCK

mardi 10 avril 2007

JE NE SUIS PAS JEUNE

Je suis même une "personne âgée". Je ne suis pas non plus bronzé, crépu, ni bridé. Je m'en aperçois notamment lorsque je circule dans Paris.. Les flics, quand ils arrêtent ma voiture pour un contrôle de papiers ou une inspection du coffre, me traitent avec respect, s'excusent : "Vous comprenez, Monsieur, avec tous ces jeunes…" Je comprends mais je n'apprécie pas. Je comprends aussi que les jeunes ne constituent plus seulement une catégorie d'individus définis parleur état civil, mais "une classe dangereuse" considérée a priori comme la lie de la société. Je vois les provocations et l'acharnement, dans certaines manifs, ou même en dehors. Il suffit que votre visage ne porte pas "des traits un peu vieux" pour susciter l'acharnement. L'an dernier, au cours des manifs contre le CPE, les jeunes étaient une cible idéale. Les forces de l'ordre se régalaient. Les juges aussi. A la gare du Nord, le mois dernier, il ne faisait pas bon avoir 25 ans. A Rouen, la semaine dernière, ce n'est pas un grand-père qui s'est fait massacrer par la police.à la suite d'un accident de voiture. De nombreux jeunes se sont inscrits sur les listes électorales. Parfait. Pour qui vont-ils voter ? Sarkozy voit en eux des délinquants dans le meilleur des cas, des criminels le plus souvent, et des pédophiles génétiques. Par contre, il aime ceux qui marchent au pas, qui obéissent aux chefs et aux patrons, qui ne font chier personne. A éviter. Madame Royal dit les aimer, les flatte, mais concocte un nouveau Contrat de Première Embauche et prévoit, pour ceux qui ne se comporteraient pas bien, des maisons de correction militarisées. A la place des keunes, je n'aimerais pas. Bayrou dit tout et n'importe quoi et présente un beau CV de politicien de la vieille droite. Le Pen, celui-là, je n'en parle même pas. Besancenot, jeune lui-même, tient un juste langage. Mais ça s'arrête là, il propose une opposition permanente et ne veut pas envisager de contribuer directement, par alliance avec les autres forces de gauche (alliance pourtant sans compromission) au changement d'une société qu'i réprouvera toujours. Il n'offre pas de débouchés autres qu'une révolution dont il ne précise ni les contours ni les perspectives. Je passe sur les autres postulants. Et Marie-George ? Quand je lis sur son programme "des allocations et de nouveaux droits pour sortir les jeunes de la précarité", ou "sécuriser l'emploi pour toutes et tous", ou encore "l'école et la recherche, priorité nationale", et encore "santé : prise en charge à 100%", et que je sais qu'elle ne parle pas en l'air, je ne m'interroge. pas très longtemps. Si j'étais jeune, je voterais pour Marie-George. Comme je suis vieux, je le ferai aussi.
JACQUES FRANCK

ODE A CHIRAC

Ode à Chirac (musique : "la Yousca", du folklore limousin je crois)




Chirac, maire de sa ville RPR ! S’entourait comme édiles

         RPR !

D’individus douteux Le Tibéri et laPanafieu , Le Tibéri et la Panafieu !

Chirac vraiment jubile RPR ! Un vingt et un avril RPR ! Il est numéro un Devant Le Pen et devant Jospin, Devant Le Pen et devant Jospin !

Chirac a de la chance

            UMP !

Il gouverne la France

            UMP !

Il a comme soutiens La Bernadette et le Raffarin, La Bernadette et le Raffarin !

Chirac est médiatique

              UMP !

Il parle politique

	     UMP !

Devant les caméras De Duhamel et PPDA,, De Duhamel et PPDA !

Chirac en est malade

                 UMP !

D’écouter les salades UMP ! De ses pires amis Le Vllepin et le Sarkozy, Le Villepin et le Sarkozy !

Chirac a de la peine TCE ! La loi européenne TCE ! Est restée dans sa gorge C'est grâce au peuple et à Marie-George, C'est grâce au peuple et à Marie-George !

Les jeunes sont en colère, CPE ! Ils veulent pas être précaires, CPE ! Ils veulent plus de Villepin Les étudiants et les lycéens, Les étudiants et les lycéens !

En l’an deux mille sept C'est fini ! Chirac prend sa retraite C'est fini ! Nous lui dirons : « Salut ! Bon vent, Chirac on t'a assez vu, Bisous, Chirac et n’y reviens plus ! »
JACQUES FRANCK

LE MIRACLE DE PÂQUES

Il se leva tôt. Il avait une journée chargée. Comme chaque dimanche, il se rendit incognito dans la seule charcuterie ouverte ce jour-là, au fond d'une banlieue où on ne le connaissait pas. Il acheta une paire de saucisses de Francfort, une portion de choucroute et un flacon de schnaps. De retour à son domicile, Monsieur Benoït gara sa papamobile, qu'il conduisait lui-même afin d'éviter toute indiscrétion. " Ach ! " murmura-t-il en son for intérieur "Ach ! aujourd'hui, on ne va pas rigoler !" Il prit une douche, enfila sa soutane des grands jours,, jeta un dernier coup d'œil sur son texte, regarda subrepticement s'il y avait du public sur la place. Elle était noire de monde. Il plaça un petit tabouret au pied de sa fenêtre, fit une brève prière, et attendit l'heure de sa prestation pascale. Quand le préposé frappa les trois coups, il coiffa son couvre-chef des grandes occasions, monta sur le tabouret pour se grandir un peu aux yeux des fidèles, et parut à la fenêtre en saluant la foule, qui le lui rendit bien. Ce jour-là, il se surpassa. Bien que dans le métier depuis seulement deux ans, il répandit ses bénédictions "urbi et orbi" avec la maestria d'un très grand professionnel. Chacun dans son entourage se félicitait, personne sur la place ne regrettait d'être venu. Monsieur Benoît pensa qu'il avait bien mérité le petit coup de schnaps qu'il se promettait après la fin de la cérémonie. Il en était à sa péroraison quand le miracle de Pâques se produisit. Sans que rien ne laisse prévoir cette illumination soudaine, Monsieur Benoît cessa de lire le discours qu'il avait soigneusement préparé et s'écria en français : " Pour un grand peuple comme le votre, la seule voie possible est le vote pour la gauche populaire anti-libérale !"
JACQUES FRANCK

samedi 7 avril 2007

LES LOIS DE LA GENETIQUE

On ne peut pas faire confiance aux généticiens, biologistes, médecins et autres chercheurs, parasites ignares et dévoreurs de crédits qui seraient bien mieux affectés à des œuvres de sécurité et de maintien de l'ordre. On ne remerciera jamais assez notre ministre de l'Intérieur (présentement défroqué) de se substituer à cette bande d'incapables. Après de nombreux et fructueux travaux, il vient d'affirmer une théorie quii fera date dans l'histoire de la génétique. On peut l'interpréter ainsi : "Tout pédophile doit son ignominie à ses chromosomes. Sa tare n'est pas amendable. Il est de l'intérêt général de la débusquer dès que possible, au besoin à la naissance et au plus tard à l'âge de trois ans par un examen approprié. Pour le bien de la société, les individus porteurs du gène de la honte seront éliminés par des moyens à préciser dans le décret d'application. Par esprit humanitaire, autant que faire se peut, on évitera des techniques trop douloureuses. La présente loi toujours pour le bien de la société, sera étendue aux jeunes délinquants potentiels, aux récidivistes présumés, aux turbulents, aux bavards, aux politiquement incorrects, aux enfants des sans-papiers."; Le grand homme de la République vient-il d'inventer l'eugénisme ? Non. Il y eut d'illustres prédécesseurs.. Dans les années trente et dans un Reich voisin, les autorités procédèrent au dépistage et à l'élimination physique massive des "anormaux", des malades mentaux, des infirmes et porteurs de tares diverses. Bon,, j'exagère, je ne vais pas comparer le candidat de l'UMP aux hitlériens inspirés par les travaux du français Gobiheau apôtre et théoricien du racisme. Mais on ne peut pas impunément invoquer et modifier des lois scientifiques dans un but politique. Conclusion : ne votez surtout pas Sarkozy. Cet homme est dangereux.
LE VIEUX TOUBIB

LE CONTE DU VENDREDI

Ce matin-là, le jeune homme se réveilla de mauvais poil. Il n'avait pas vraiment la gueule de bois, bien que la veille, avec ses copains, il se soit livré à une petite débauche de nourriture et de vin du pays. La soirée avait été gâchée par le comportement fourbe et antipathique d'un de ses apparatchiks, à qui il accordait jusque là sa confiance. Et puis il y avait eu ce journal, qu'on lui avait apporté dans la nuit, le numéro spécial de "Regards" relatant mensongèrement le dîner du jeudi. "Nom de Dieu, se dit-il, ils sont pires que Paris-Match !" Ses sombres pressentiments prirent corps quand un groupe de soudards fit irruption dans sa chambre, s'empara brutalement de lui, et le contraignit à escalader une colline en portant sur l'épaule un lourd objet cruciforme. Le jeune homme protesta, il ne voulait pas arborer ce signe religieux ostensible. Ce n'était pas dans ses idées et, en outre, c'était contraire à la loi. Les soudards répondirent par une volée de coups de pied au cul. En ricanant, leur adjudant expliqua au jeune homme qu'il n'avait encore rien vu, qu'on allait le clouer à l'objet cruciforme, et que ça lui apprendrait à diffuser des idées dangereuses pour la société. Le peuple, mis rapidement au courant par le téléphone arabe), afflua en nombre et organisa sur le champ une méga-manif de protestation. Flairant, les uns une occasion de se faire voir, une autre la nécessité d'intervenir contre une injustice flagrante, les candidats à la présidentielle accoururent. Sarkozy, s'adressant aux soudards, éructa : "Dispersez-moi cette racaille !" Madame Royal exhala une compassion un peu pleurnicharde et agita un drapeau tricolore. François Bayrou s'abîma en prières. Le Pen proféra des propos à tendance antisémite. Marie--George, elle, déclara fermement que la gauche populaire anti-libérale ne saurait tolérer ça plus longtemps et exigea la libération immédiate du jeune homme. Le peuple l'acclama, décocha le jeune homme, et mit les soudards en fuite. Le jeune homme alla immédiatement s'inscrire au conseil de campagne de Marie-George. Dans la foulée, il prit sa carte du PCF.
JACQUES FRANCK

jeudi 5 avril 2007

MA BELLE SOEUR ET SARKOZY

Françoise a 75 ans. Elle habite une petite ville du 95, pas vraiment dans une "cité" mais encore moins dans un quartier résidentiel. Mairie UMP. Elle se plaint d'un environnement peu gratifiant. Des bandes de gamins inoccupés font des "conneries", taguent son pavillon, "terrorisent" les vieilles personnes, de livrent à toutes sortes d' "incivilités", déprédations, voire agressions. On lui a volé trois fois son porte-monnaie dans la rue quand elle promène son chien ou va au marché. Elle veut voter Sarkozy, pour mettre de l'ordre dans sa banlieue. En d'autres termes, si sa maison brûle, elle n'appelle pas les pompiers mais les incendiaires. Ma femme lui a expliqué que le ministre de l'intérieur, comptable de la sécurité publique pendant la période où se dégradait la vie de son quartier, n'était autre que Sarkozy soi-même. Nous espérons que Françoise votera pour le bon pompier. Celui (ou plus exactement celle) qui ne soufflera pas sur le feu mais saura s'attaquer à ses causes : chômage,, misère, carences culturelles. Personnellement, je préconiserais Marie-George Buffet.
JACQUES FRANCK

SARKOZY ET LA FRANCHISE

Non, je ne veux pas exalter sous ce nom une qualité du candidat UMP, qualité dont je ne suis pas certain qu'elle figure au nombre de ses vertus cardinales. La franchise évoquée est celle qu'il veut appliquer aux remboursements de la Sécurité Sociale. Notre santé avait déjà été mise à mal en 2004 par un médecin qui se croyait alors précisément ministre de la Santé. C'était le Docteur Philippe Douste-Blazy, sous le proconsulat du grand Raffarin. Sarkozy, bien que n'étant pas médecin (personne n'est parfait) veut faire mieux. Afin de dissuader les gens de trop se soigner, et même les inciter à ne pas se soigner du tout, il propose d'établir chaque année une franchise, c'est à dire un non-remboursement des soins médicaux et pharmaceutiques, portant sur une période ou un montant non déterminés. Si j'ai bien compris, en 2008, la fracture du col du fémur, la pneumopathie aiguë, l'infarctus du myocarde qui seront vos premiers problèmes de l'année, vous les garderez pour vous avec les compliments de Sarkozy. Par contre, si vous survivez et si vous avez besoin de soigner par la suite un rhume, une diarrhée ou une entorse bénigne, le Président de la République, dans sa magnanimité, autorisera le remboursement - modeste, car il ne faut pas exagérer - de quelques soins. Applaudissez, votez Sarko, et vous vous porterez peut-être bien, si vous n'êtes pas malade. Par contre, si vous votez pour Marie-George Buffet après avoir lu son programme, vous risquez d'être remboursé de vos dépenses de santé à 100%. La réforme de Douste-Blazy sera abolie. Et on n'entendra plus parler de la franchise de Sarkozy.
LE VIEUX TOUBIB

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